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Orchestre national du Capitole : L’aboutissement de 2 années de mobilisation syndicale

Orchestre du Capitole :

L’aboutissement de 2 années de mobilisation syndicale
Le 27 mai prochain le conseil municipal de Toulouse devrait adopter un nouveau règlement pour les musiciens de l’Orchestre National du Capitole. Ce vote interviendra après plus de 2 ans de travail du SAMMIP, aux côtés des musiciens, afin d’obtenir enfin des conditions de travail équivalentes à celles que connaissent leurs collègues des autres formations françaises.
Cette longue mobilisation a débuté par une montée de plus en plus forte du mécontentement des musiciens suite au nombre de plus en plus important de congés maladie des musiciens. Le mécontentement se nourrissait de la saturation de travail que ressentait l’orchestre depuis de nombreux mois.
L’arrivée du nouveau chef Tugan Sokhiev avait créé une telle dynamique positive auprès du public, que l’orchestre devenait victime de son succès : avec la découverte d’un nouveau répertoire qui imposait une intensité de travail accrue lors des répétions, les concerts et les tournées se multipliaient. Le SAMMIP interpelait sans cesse la Ville et les dirigeants de l’orchestre sur les conséquences négatives de cette crise de croissance… en vain.
Impuissants à enrayer une telle évolution, faute d’avoir des textes légaux leur permettant de s’opposer aux missions de plus en plus nombreuses de l’orchestre, les représentants du personnel élus (tous membres du SAMMIP) ont démissionné pour signifier leur refus de cautionner une telle dégradation des conditions de travail. Un groupe de travail s’est constitué parmi les adhérents du SAMMIP afin de dresser un bilan sanitaire et de formuler un certain nombre de propositions de modifications du règlement des musiciens (texte qui précise le temps et l’organisation du travail ainsi que tout ce qui concerne les droits et les devoirs des artistes).
Un questionnaire a été diffusé auprès des musiciens en leur demandant de répondre sincèrement aux questions posées. Le résultat fut édifiant : plus de 90 % des musiciens affirmaient avoir ressenti une fatigue excessive directement liée à la charge de travail de l’orchestre. 36% avaient connu au moins un arrêt maladie à cause de cette fatigue au cours de la saison, 52 % avaient utilisé des produits pour anticiper ou soulager certaines douleurs ou certains troubles liés au stress et 78% avaient consulté des spécialistes pour anticiper ou soulager leurs douleurs.
Le résultat de cette enquête a été un véritable choc ! La souffrance au travail dans nos métiers est une réalité qui est la plupart du temps masquée : la douleur est en effet souvent considérée comme inévitable et presque constitutive de nos métiers. Mais de tels chiffres ne pouvaient laisser indifférents.

Par ailleurs un travail comparatif concernant la charge de travail de l’orchestre de Toulouse vis-à-vis des autres formations permanentes a été réalisé grâce à la participation des autres syndicats du SNAM. Là encore les disparités étaient incroyables : plus de 30% de temps de travail et de nombre de concerts en plus pour les musiciens toulousains !

Un document dressant le bilan de cette situation sanitaire catastrophique et exposant l’étude comparative sur le temps de travail fut édité et diffusé auprès de tous les élus. Ce document se concluait sur un certain nombre de revendications concernant des modifications importantes du règlement de l’orchestre. Ce travail de réflexion, de documentation juridique, de rédaction des propositions et de consultation régulière des musiciens, a mobilisé plus de 30 syndiqués.

Après plusieurs demandes, il aura fallu un préavis de grève pour que le Maire de Toulouse décide de l’ouverture de négociations sur ces revendications. Pendant plus d’un an, quasiment toutes les semaines, les représentants syndicaux ont négocié avec leur administration les termes d’un accord permettant d’envisager une réelle amélioration du rythme et des conditions de travail.

C’est ce texte qui devrait enfin être adopté le 27 mai prochain. Il n’est sans doute pas inutile de remercier tous ceux qui ont contribué à ce succès. Mais l’activité syndicale ne s’arrête pas là : de nouvelle discussions s’ouvrent désormais pour obtenir un accord sur les droits de propriété littéraire et artistiques… à suivre, donc…